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Affichage des articles du 2026

Le Systeme Gaulliste dans le 74

  L'Évolution du Système Gaulliste : Entre Légitimité Historique et Réseaux de Pouvoir (1940-2002) L'histoire du gaullisme ne se limite pas à la figure du général de Gaulle ; elle décrit la mise en place d'une culture politique singulière, mêlant l'exercice d'un pouvoir exécutif fort à l'influence de réseaux parallèles souvent qualifiés d'opaques par leurs détracteurs. Ce rapport analyse la trajectoire de ce système, depuis la méfiance originelle de Franklin D. Roosevelt en 1940 jusqu'à la consolidation du "fief" haut-savoyard sous l'ère chiraquienne, en passant par les fractures internes qui ont marqué la transition vers Georges Pompidou et la création de la "machine" RPR. I. Les Racines de la Méfiance : Roosevelt face à l'« Apprenti Dictateur » (1940-1945) Dès l'exil de Charles de Gaulle à Londres en juin 1940, une opposition frontale naît entre le Général et le président américain Franklin D. Roosevelt. Cette hostilité,...

Le Gaullisme comme système politico mafieux

 L'analyse du gaullisme comme un système de réseaux occultes, parfois qualifié de « politico-mafieux » par ses détracteurs, trouve ses racines dans la méfiance profonde du président américain Franklin D. Roosevelt dès 1940 et s'est cristallisée après 1958 avec la mise en place de structures parallèles comme le SAC et la Françafrique. La vision de Roosevelt : De Gaulle comme « apprenti dictateur » Dès l'exil du général de Gaulle à Londres en 1940, Roosevelt manifeste une hostilité radicale à son égard. Il le considère non pas comme un libérateur, mais comme un « autocrate arrogant » et un « apprenti dictateur ». Pour le président américain, de Gaulle est un « néo-bonapartiste » qui utilise la guerre comme tremplin pour instaurer un pouvoir personnel sans mandat électif. Cette méfiance a conduit Roosevelt à envisager des solutions radicales pour neutraliser l'influence du Général : Le projet « Wallonie » : Roosevelt a sérieusement envisagé le démantèlement de la France ...

Pompidou contre De Gaulle

 La transition entre le général de Gaulle et Georges Pompidou, puis la mutation du mouvement gaulliste en une « machine de guerre » électorale sous l'égide de Jacques Chirac (RPR, puis UMP), marque le passage d'un gaullisme de légitimité historique à un système de pouvoir structuré par des réseaux d'influence et une organisation partisane puissante. Pompidou contre de Gaulle : L'impossible succession et l'affaire Markovic Bien que Georges Pompidou ait été le Premier ministre du Général d'avril 1962 à juillet 1968, leur relation s'est dégradée à mesure que Pompidou s'imposait comme le « dauphin » naturel. De Gaulle, craignant l'émergence d'une dyarchie au sommet de l'État, finit par l'écarter après la crise de Mai 68 en le plaçant « en réserve de la République ». C'est dans ce climat de tension qu'éclate l' affaire Markovic en octobre 1968, qui constitue un tournant dans la cristallisation du « système » : Un complot interne ...

« système Chirac »

 Le « système Chirac », structuré autour du Rassemblement pour la République (RPR) fondé en 1976, a transformé le mouvement gaulliste en une véritable « machine de guerre » électorale. Ce système reposait sur un triptyque : un fief territorial puissant (la Mairie de Paris), des réseaux d'influence hérités du gaullisme de combat, et un financement occulte institutionnalisé. La Mairie de Paris : Cœur logistique et financier De 1977 à 1995, Jacques Chirac utilise la Mairie de Paris comme une base arrière pour conquérir l'Élysée. Le système y est décrit par les enquêteurs comme une confusion entre les ressources publiques et les besoins du parti. Les emplois fictifs : Des dizaines de chargés de mission ou de secrétaires étaient payés par la Ville de Paris alors qu'ils travaillaient exclusivement pour le RPR ou des associations politiques proches de Jacques Chirac. Cette affaire aboutira à la condamnation d'Alain Juppé en 2004 et de Jacques Chirac lui-même en 2011. Le clie...

Haute-Savoie et chiraquisme

 En Haute-Savoie, le chiraquisme et le système RPR se sont manifestés par une implantation territoriale profonde, mêlant la culture des « barons » locaux, une gestion clientéliste des ressources foncières et des réseaux d'influence nationaux, illustrés de manière éclatante par l'affaire du casino d'Annemasse. L'affaire du casino d'Annemasse : Le pivot Pasqua-RPR L'exemple le plus documenté de l'usage des réseaux Pasqua-RPR dans le département est l' affaire du casino d'Annemasse . En 1994, Charles Pasqua, alors ministre de l'Intérieur, accorde l'autorisation d'exploiter des jeux au casino d'Annemasse, malgré l'avis défavorable de la commission supérieure des jeux. Financement politique : L'enquête a révélé que la vente du casino quelques mois plus tard visait à dégager une plus-value (estimée à 7,5 millions de francs) pour financer le Rassemblement pour la France (RPF), le parti lancé par Charles Pasqua après sa scission du R...

Chirac contre Balladur en Haute Savoie 74

 La rivalité entre Jacques Chirac et Édouard Balladur lors de l'élection présidentielle de 1995 a profondément fracturé la droite en Haute-Savoie. Ce département, bastion historique du centre-droit et du gaullisme, est devenu un laboratoire de ce « duel fratricide » où les barons locaux ont dû choisir entre la légitimité du chef (Chirac) et l'efficacité apparente du Premier ministre (Balladur). Un département favorable à la percée de Balladur Contrairement aux tendances nationales du premier tour, Édouard Balladur a réalisé une véritable percée en Haute-Savoie. Résultats locaux : Alors que Jacques Chirac et Lionel Jospin étaient en baisse par rapport aux scores de 1988, Balladur a réussi à capter une part importante de l'électorat conservateur et libéral haut-savoyard. L'image du "Sauveur" : Balladur bénéficiait d'une image de gestionnaire rigoureux et d'un fort soutien médiatique, contrastant avec un Jacques Chirac alors perçu comme un « Lion blessé...

La Chiraquie dans le 74

 La Haute-Savoie occupe une place singulière dans la géographie du gaullisme : elle est à la fois une terre de légitimité historique , forgée dans les maquis de la Résistance, et un laboratoire du gaullisme de réseau , où l'influence des « barons » locaux s'est parfois mêlée à des circuits de pouvoir nationaux opaques. 1. La source de légitimité : Le gaullisme de combat (1940-1944) Le département est le berceau du Maquis des Glières , symbole de la Résistance unifiée sous l'autorité du général de Gaulle. Cette période a structuré des réseaux de loyauté indéfectibles autour de figures comme Tom Morel et les lieutenants du 27e BCA. Les réseaux de l'Armée Secrète (AS) : Le gaullisme local s'est construit sur l'unification des forces clandestines (AS et FTP), un travail mené d'Alger par de Gaulle pour asseoir sa souveraineté face aux Alliés. Sanctuaire de l'Ordre : Historiquement, cette droite haut-savoyarde s'est perçue comme le rempart de « l'ord...