Scarface sur glace — Chronique d’un empire du mensonge
Miami, années 30. Remplace le soleil par le blizzard, la coke par des récits, et les Tommy guns par des couvertures glacées. Même musique. Même business. Ici, on ne grimpe pas la montagne : on la vend.
« Say hello to my little story »
Dans ce quartier-là, une bonne histoire vaut plus qu’un sommet. Tu débarques avec un solo impossible, personne ne te demande tes preuves. On te demande si ça fait rêver. Si ça fait vendre. Si ça passe en pleine page.
La Bête 74, le Cartel
La Bête 74 contrôle le territoire. Rédactions, institutions, sponsors : tout est raccord. Elle ne menace pas, elle organise. Tu veux publier ? Tu passes par le Cartel. Tu veux douter ? Tu prends la porte.
Le deal
— Nuit. Tempête. Pas de témoins. — Parfait. — Photos ? — On arrangera.
Les diapositives circulent comme des liasses. Personne ne demande d’où ça vient tant que ça brille. Le tirage monte. Les pages de pub pleuvent. Tout le monde prend sa part.
Les parrains en costume propre
Ils parlent d’éthique avec un sourire calme. Ils ne mentent pas, ils laissent mentir. Dans ce business, c’est pareil : celui qui ferme les yeux garde les mains propres.
Les soldats perdus
Les gamins lisent, y croient, montent. On leur a vendu une ligne comme on vend de l’alcool frelaté. Certains ne reviennent pas. Mauvaise presse. On n’en parle pas.
Ghirardini, l’homme qui ne joue pas
Pas de slogan. Pas de marque. Pas de combine. Des faits bruts : hiver, solitude, preuves qui ne s’impriment pas mais qui résistent. Il n’entre pas dans le deal. Alors il devient le problème.
Quand ça commence à sentir
Des années plus tard, on change de sujet. On sort d’autres livres, d’autres scandales. Classique diversion. Pendant que tout le monde regarde ailleurs, l’empire continue.
Dernière scène
Dans ce monde-là, la vérité coûte plus cher que le mensonge. La Bête 74 vit de marges, de silences et d’oubli. Ghirardini, lui, n’a jamais voulu la part du gâteau.
Chronique noire, version Scarface. Le blizzard remplace la poudre, le racket reste le même.
